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25 juin 2010 5 25 /06 /juin /2010 21:13

La loi du marché ne doit pas régir l'école républicaine.


Pour Étienne Butzbach, maire de Belfort, l'école de quatre jours du fait qu'accroître les inégalités et ruiner le projet républicain.

De nombreuses villes de France, dont Belfort, se sont engagés dans un combat important et difficile pour redonner à l'école la place centrale qu'elle doit tenir dans notre société républicaine et pour revenir à la semaine de quatre jours et demi.

La France est le pays de l'OCDE ou le retard scolaire à 15 ans est le plus important, où les écarts de résultats entre élèves ont le plus augmenté et où l'impact de l'origine sociale sur les résultats des élèves reste le plus élevé.

L'école de la république ne peut laisser le champ libre à la promotion d'une offre éducative régie par les lois du marché, par le développement de cours privés marchands et par le remplacement des maternelles par des jardins d'éveil eux aussi facturés aux familles.

L'école de quatre jours du fait qu'accroître les inégalités entre, d'un côté, une minorité de parents possédant les moyens financiers et culturels suffisants pour recourir à des compléments éducatifs, scolaires, culturels et sportifs, et de l'autre, le plus grand nombre, pour lequel l'éducation serait réduite à une école au rabais.

L'école de quatre jours, c'est la disparition à terme de l'école publique et l'ouverture de l'éducation au marché : un RMI scolaire pour tous et les suppléments pour ceux qui peuvent payer.

Au moment où la baisse de la conscience civique que nous interroge tous, une société qui ouvre ses commerces le dimanche et ferme ses écoles le samedi a du souci à se faire pour la pérennité de ses valeurs.

L'école reste la dernière grande institution républicaine permettant de socialiser les jeunes dans le creuset des valeurs de la république par le brassage, la confrontation aux règles, au savoir et à l'apprentissage de la raison critique.

Plus grave le ministre s'est hypocritement retranchée derrière le choix des conseils d'école et le compromis passé avec l'organisation syndicale pour faire de la semaine de quatre jours une loi d'airain, alors qu'avec les hauts fonctionnaires du ministère de l'éducation nationale il disait soutenir la semaine de quatre jour et demi.

Véritable " Munich de l'éducation"  , selon l'expression de l'historien Antoine Prost, cette façon couarde de gouverner révèle un formidable renoncement qui peine à masquer une volonté de casser l'école publique. La France devient ainsi une singularité en Europe, seul pays à n'ouvrir ses écoles que quatre jours sur sept.

L'une des premières mesures de gouvernement de gauche en 2012 devra  être de rétablir la semaine de quatre jour et demi, dans le seul souci de nos enfants et non de l'emploi du temps des uns ou  des autres.

J'appelle l'ensemble de mes collègues et de la communauté éducative dans ce qui est à amplifier la mobilisation autour de ce combat essentiel pour défendre et promouvoir l'école de la République.

Etienne Butzbach, maire (MRC) de Belfort.

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