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6 mars 2010 6 06 /03 /mars /2010 17:39

Celui-là aussi, comme Sarkozy , il ne faisait pas ce qu'il disait, il ne disait pas ce qu'il faisait.



Une agriculture désolée

Rédigé par PERICO LEGASSE le Samedi 31 Mars 2007



Les défenseurs du patrimoine alimentaire français ont, eux aussi, le droit de dire ce qu'ils pensent du bilan de Jacques Chirac.
Dans quel état le président de la République laisse-t-it l'agriculture de noire pays?
La réponse est tranchante: au ras du sol.
Plusieurs fois ministre, deux fois Premier ministre, chef de l'Etat depuis 1995, l'ancien élu de la Corrèze, qui se veut si proche des gens de la terre et pince comme nul autre le cul des limousines, a toujours dit combien le dossier agricole lui tenait à coeur, comme un camembert bien fait. A ce propos, ses copains du lobby laitier sont en train de lui faire la peau, au camembert.

Depuis juillet 1972, date à laquelle Georges Pompidou lui confie le portefeuille de l'Agriculture, Chirac n'aura eu qu'une obsession: métamorphoser le paysan en «ouvrier agricole» troquant son béret pour une casquette américaine.
On voit aujourd'hui le résultat.
Avec la complicité d'une FNSEA aux ordres, véritable courroie de transmission du RPR puis de l'UMP (dont l'ancien président, le redoutable Luc Guyau, est aujourd'hui le mentor agricole de Nicolas Sarkozy), l'appareil chiraquien, continuant à tirer les ficelles même quand il n'était plus au pouvoir, a transformé l'agriculture française en zone sinistrée. A la fois machine de guerre électorale, outil de propagande et réseau financier, l'agrochiraquie a fourvoyé la petite paysannerie.
Réalité d'autant plus tragique que nombre d'agriculteurs sont encore persuadés que cette politique leur a fait du bien.

Les faits sont là, têtus et douloureux. Près de 40 000 exploitations disparaissent chaque année, liquidées par les trusts agro-industriels gavés de subventions européennes. Depuis trente ans, les campagnes sont vandalisées par une politique de remembrement asservie aux cultures intensives, les paysages défigurés par un aménagement territorial ignorant les lois de l'environnement.
La politique agricole commune (PAC), projet courageux et porteur de tant d'espoirs, n'aura servi qu'à prolonger des activités en surproduction, à enrichir des gros propriétaires ou à maintenir artificiellement en vie des agriculteurs réduits à l'assistanat. Chirac, c'est l'industrialisation grimée de la ruralité, l'éradication de la paysanitude, l'aseptisation de nos terroirs, l'empoisonnement des sols et des eaux pour satisfaire la boulimie de profit du lobby agrocapttaliste et, de ce fait, le triomphe de la malbouffe.
Au lieu de préserver une certaine idée de la France, d'adapter les méthodes de production aux besoins de la société, de rationaliser les types de cultures et d'élevages, la logique chiraquienne aura, au nom de la  modernité», et à coups de promesses irréalistes, livré ce trésor national aux griffes du productivisme néolibéral.
Qui peut nier aujourd'hui que la Bretagne est en train d'épuiser ses nappes phréatiques afin de faire pousser du mais (bientôt transgénique?) destiné à nourrir des cochons de batterie qui la polluent?
Merci, Chirac.
Autant faut-il saluer celui qui a tenu tête à Bush, autant on ne regrettera pas le grand désolateur de notre République agricole.

(Il les a bien eu !)


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